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Elle n'a jamais appris à lire. Elle a appris à tout le reste.

Hajja Fatima Aït Moussa. 1960 – 2019.

Fondatrice de la Coopérative Afoulki. Mère de quatre enfants. Femme du peuple de l'arganier.

Cette page lui appartient.

Hajja Fatima Aït Moussa, 1960–2019, fondatrice de la Coopérative Afoulki, Idmine, Anti-Atlas

Hajja Fatima Aït Moussa

1960 – 2019 · Idmine, Anti-Atlas

« Il y a des êtres dont la disparition ne crée pas un vide. Elle crée une obligation. »
Aziz El Mehni, fondateur de Folk Oils, fils de Hajja Fatima

Son portrait. Sa vie. Sa vérité.

Une femme que l'Anti-Atlas a faite, et que rien n'a pu défaire.

Il naît, dans les vallées de l'Anti-Atlas, un type de femme qu'on ne fabrique nulle part ailleurs. Une femme que le soleil dur, la pierre sèche et le silence des montagnes ont sculptée de l'intérieur. Une femme qui sait ce que coûte l'eau, ce que pèse une récolte, ce que vaut un enfant nourri par ses propres mains.

Hajja Fatima Aït Moussa était cette femme-là.

Née en 1960 dans la commune d'Idmine, au cœur de la région d'Idaoutanane, ce territoire béni et rude à la fois, planté d'arganiers millénaires, à cinquante kilomètres au nord d'Agadir. Enfant, elle faisait déjà tout le travail de la maison, aidait dans la cueillette des fruits de l'arganier dans la forêt et apprenait l'extraction traditionnelle de l'huile. Pas par obligation. Par nature. Parce que c'est ce que les filles de ces vallées faisaient, et que Fatima le faisait avec une minutie, une application, une fierté tranquille qui n'appartenaient qu'à elle.

À seize ans, elle s'est mariée. Elle a eu quatre enfants. Sa vie conjugale était simple, pleine de joie. La joie des gens qui ne possèdent pas grand-chose mais qui savent exactement ce qui compte. La joie d'une maison qui sent le pain chaud, d'enfants qui grandissent, d'un homme qui rentre le soir.

Puis cet homme n'est plus rentré.

Son mari a quitté la vie dans des circonstances obscures. Ce tragique événement a marqué l'arrêt de la vie douce que Lhajja menait avec sa petite famille. D'un seul coup, tout s'est effondré. Il ne reste rien des fondations ordinaires d'une vie, plus de mari, plus de revenu stable, plus de protection sociale dans une société qui ne pardonne pas facilement la solitude des femmes. Tout devient complexe pour une veuve analphabète dans une société patriarcale. Une lourde responsabilité : les enfants, le commerce de son mari.

Elle avait quelques dizaines d'années. Elle avait quatre enfants. Elle avait les mains.

Et elle a tout reconstruit avec ça.

Dotée d'un courage et d'une résilience qui forcent le respect, Lhajja a surmonté des obstacles aussi hauts que les montagnes qui entouraient son village. Elle a appris le commerce là où son mari l'avait laissé. Elle a porté sur ses épaules ce qu'une femme de son époque, de sa condition, de son village, n'était pas censée porter. Et au lieu de s'y résigner, au lieu de plier sous le poids, elle a fait quelque chose que personne n'attendait d'elle :

Elle a pensé aux autres.

2004. Elle a réuni des femmes autour d'elle. Et tout a changé.

Afin de partager son savoir commercial avec les femmes de son village, Lhajja a créé la Coopérative Afoulki en 2004. Afoulki, le mot berbère pour le bien, le bonheur. Pas un hasard. Rarement un nom aura aussi fidèlement reflété l'intention de celle qui le portait.

Avec une trentaine de femmes au départ, la coopérative s'est construite pour valoriser et commercialiser l'huile d'argan biologique, avant d'élargir sa gamme à l'huile de figue de barbarie, l'huile de nigelle, les plantes aromatiques et médicinales, et le miel.

Ce projet, il a nécessité beaucoup d'efforts et d'investissements pour convaincre les femmes d'adhérer. Parce qu'on ne change pas facilement ce qui a toujours été. Parce que la confiance se gagne avec des actes, pas avec des discours. Parce que Fatima, elle-même, savait mieux que quiconque ce que ça coûte de tout recommencer.

Mais elle avait quelque chose que les discours ne remplacent pas : l'exemple. Sa propre vie était la preuve que c'était possible.

Afoulki est devenue une coopérative féminine agricole ancrée dans la région d'Idaoutanane, produisant des huiles d'exception reconnues aux niveaux national et international, engagée dans les meilleures pratiques de qualité, d'hygiène et de traçabilité.

Fatima en a été la présidente. Jusqu'au bout.

Elle est partie en 2019. Elle avait 59 ans. Trop tôt, toujours trop tôt pour ceux qui ne s'arrêtent jamais. Derrière elle : une coopérative debout, des centaines de femmes avec un revenu digne, une forêt d'arganiers qu'elle avait défendue saison après saison, et un fils, Aziz El Mehni, qui avait regardé sa mère vivre et qui avait décidé que cela ne pouvait pas s'arrêter là.

Une vie, une œuvre

  1. 60
    1960

    Naissance à Idmine

  2. 76
    1976

    Mariage

  3. ·

    Veuvage, épreuve, reconstruction

  4. 04
    2004

    Fondation d'Afoulki

  5. 19
    2019

    Départ

  6. 19
    2019

    Création de la Fondation HFAM par Aziz

Mission & vision

La Fondation HFAM n'est pas un hommage. C'est une continuation.

Quand Aziz El Mehni a créé Folk Oils, il n'a pas simplement fondé une entreprise. Il a prolongé un geste. Celui d'une mère qui avait compris, bien avant lui, que le seul luxe qui vaille vraiment, c'est de rendre les autres capables de se tenir debout seuls.

La Fondation HFAM, Hajja Fatima Aït Moussa, n'est pas un mémorial. Ce n'est pas une ligne dans un rapport annuel, ni une belle photo sur une page institutionnelle. C'est une structure opérationnelle, ancrée dans la réalité quotidienne des femmes rurales du Maroc et d'Afrique, financée non par la charité mais par la production elle-même.

Parce que c'est ainsi que Lhajja Fatima concevait les choses.

On ne donne pas ce qu'on a en trop.

On intègre le don dans ce qu'on fait.

« Prolonger le souffle de Fatima, de l'Idmine à tout le continent africain »

Mission

Améliorer les conditions de vie des femmes rurales et des petits producteurs africains à travers des actions concrètes en matière d'autonomisation économique, d'accès à l'éducation, de protection environnementale et de souveraineté alimentaire.

Vision

Que chaque femme rurale africaine, comme Fatima l'a été, puisse transformer son labeur en dignité, son savoir ancestral en revenu durable, et son histoire en fierté transmissible.

Nos actions sur le terrain.

Ce que nous faisons. Concrètement. Pour elles.

Crèche communautaire pour que travailler ne signifie plus choisir.

Lhajja Fatima avait élevé ses quatre enfants seule, sans filet, sans aide institutionnelle, sans autre recours que sa propre détermination. Elle savait dans sa chair ce que coûte l'absence de soutien dans les premières années d'une vie. La Fondation finance des crèches communautaires qui permettent aux femmes des coopératives partenaires de travailler sans avoir à renoncer à leur rôle de mère. Parce que l'émancipation économique ne devrait jamais se construire contre la famille. Elle se construit avec elle. C'est ce que Fatima nous a appris.

Ambulance de filière pour que l'urgence ne soit plus un privilège.

Dans les zones reculées de l'Anti-Atlas et des régions rurales partenaires, une urgence médicale peut prendre des heures avant d'être prise en charge. Des heures qui coûtent parfois une vie. Hajja Fatima avait appris à composer avec le manque, elle n'avait eu d'autre choix. Ses petites-filles, elles, ne devraient pas avoir à faire ce choix. La Fondation finance des ambulances affectées spécifiquement aux communautés de femmes des filières.

Transport collectif sécurisé pour que la géographie ne soit plus un destin.

La distance entre le domicile et le lieu de travail est souvent la barrière la plus silencieuse, la plus injuste, la plus difficile à nommer. Pas de route, pas de bus, pas de sécurité pour une femme seule à l'aube. La Fondation finance des solutions de transport collectif sécurisé, pour que des kilomètres de poussière ne suffisent plus à empêcher une femme compétente et déterminée d'accéder à un revenu.

Omra annuelle pour que la foi soit aussi une récompense.

Chaque année, la Fondation HFAM finance le pèlerinage à La Mecque pour des femmes sélectionnées au sein des coopératives partenaires. C'est le geste le plus intime de la Fondation, une reconnaissance profonde, irremplaçable, du travail, de la foi et de la vie de femmes qui donnent sans jamais compter. C'est aussi, pour Aziz El Mehni, la façon la plus directe d'honorer sa mère : Lhajja Fatima, dont la foi guidait chaque geste, chaque décision, chaque sacrifice consenti dans le silence des montagnes.

Action environnementale. L'arganeraie, patrimoine vivant de Hajja Fatima.

Elle a passé sa vie sous ces arbres. Nous la passons à les protéger.

En partenariat avec l'Association ASMEL, Réserve de Biosphère de l'Arganeraie, classée UNESCO.

Hajja Fatima connaissait chaque versant. Chaque saison. Chaque signe avant-coureur dans la couleur du ciel ou dans le bruit du vent dans les branches. L'arganeraie n'était pas pour elle un écosystème à préserver, c'était sa maison. Son terrain de vie. La bibliothèque silencieuse où elle avait tout appris de la nature, du travail et de la patience.

La Fondation HFAM agit pour que cet héritage survive au temps, au changement climatique et à la pression humaine.

Objectif

Objectif : 1 million d'arganiers plantés d'ici 2032. Un engagement chiffré, public et traçable. Chaque arganier planté séquestrera du CO₂ pendant plus de 200 ans. Stabilisera les sols contre l'érosion et la désertification. Produira les amandons qui feront vivre les femmes des coopératives pour les générations suivantes. Un million d'arbres, c'est la façon la plus durable, la plus concrète, la plus vivante d'honorer une femme qui a planté toute sa vie.

Terrasses pour arganiers.

La plantation en zone pentue exige des travaux de terrassement pour retenir les sols et permettre la reprise des jeunes plants. La Fondation finance ces travaux essentiels dans les zones montagneuses de l'Anti-Atlas, là même où Hajja Fatima marchait, chaque matin, depuis l'âge où elle savait marcher.

Bassins d'abreuvement pour animaux.

La pression pastorale est l'une des menaces principales sur la régénération naturelle de l'arganeraie. En créant des points d'eau pour éloigner les troupeaux des zones de plantation, la Fondation protège les jeunes arganiers dans leur phase la plus vulnérable. Une solution simple, économique, dont l'impact sur le terrain est visible, mesurable, immédiat.

Notre modèle de financement. Deux mécanismes. Un seul héritage.

Chaque kilogramme vendu est un acte de mémoire.

La Fondation ne dépend ni des conjonctures économiques, ni des appels aux dons, ni de la générosité fluctuante des marchés. Elle est financée à la source, directement par l'activité commerciale de Folk Oils.

Premier mécanisme : 0,1 € par kilogramme vendu, sans exception.

Chaque kilogramme d'huile végétale Folk Oils commercialisé dans le monde, en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, partout, génère automatiquement 0,1 € reversé à la Fondation HFAM. Ce n'est pas un arrondi de bonne conscience. Ce n'est pas un pourcentage modulé selon les marges. C'est un engagement contractuel, fixe, inconditionnel, inscrit dans les statuts de l'entreprise. Sur chaque référence. Pour chaque client. Sans jamais déroger.

Parce que les engagements qu'on prend à la mémoire de ceux qu'on aime ne s'ajustent pas aux résultats.

Deuxième mécanisme : la prime FolkCarbon.

Chaque client qui souscrit à notre programme de documentation carbone, empreinte certifiée lot par lot, données Scope 3 auditables, traçabilité environnementale complète, génère une prime carbone reversée intégralement à la Fondation. Cette prime est affectée en priorité aux programmes de plantation d'arganiers et à la préservation de la Réserve de Biosphère de l'Arganeraie, en partenariat actif avec l'Association ASMEL.

Le cercle est complet et il est beau : vous sourcez une huile dont chaque litre porte un visage, une histoire, une origine documentée. Vous obtenez les données exactes qu'exige votre conformité ESG. Et la valeur produite retourne, intégralement, sur la terre que Hajja Fatima a aimée et défendue jusqu'à son dernier souffle.

L'impact concret de vos achats.

Ce que chaque tonne achetée génère pour elles.

Volume sourcé Ce que ça finance
1 tonne 100 € reversés à la Fondation HFAM
10 tonnes 1 000 €, soit un mois de crèche communautaire
50 tonnes 5 000 €, soit une campagne complète de plantation d'arganiers
100 tonnes 10 000 €, soit une contribution directe à une ambulance de filière

Ce tableau n'est pas une projection. C'est un engagement contractuel, applicable dès la première commande.

Nous ne communiquons que sur ce que nous faisons. Et nous faisons ce sur quoi nous communiquons.

La Fondation HFAM publie chaque année un rapport d'activité complet détaillant les montants collectés via les deux mécanismes de financement, les programmes engagés, les résultats mesurés et les projections pour l'année suivante. Ce rapport est mis à disposition sur demande pour tout partenaire commercial souhaitant documenter l'impact de ses achats dans son reporting ESG, RSE ou extra-financier.

Aziz El Mehni a créé cette Fondation pour que sa mère ne soit jamais oubliée. La transparence sur ce qu'elle finance et ce qu'elle accomplit est la condition de cette promesse.

Une promesse faite à une femme qui n'est plus là pour la vérifier. C'est précisément pour ça qu'elle est inviolable.

Elle n'a jamais su que son huile traverserait les océans.

Elle n'a jamais su que des milliers de clients, en Europe, en Amérique, en Asie, sourceraient ses amandons.

Mais elle savait, elle a toujours su, que le travail bien fait finit toujours par trouver le chemin du monde.

En choisissant les huiles Folk Oils, vous ne signez pas un bon de commande.

Vous perpétuez l'œuvre de Hajja Fatima Aït Moussa.

Chaque kilogramme que vous sourcez contribue directement aux femmes, aux enfants et aux terres qui sont à l'origine de ce que vous achetez.

Hajja Fatima Aït Moussa. 1960 – 2019.

Née à Idmine, Anti-Atlas, Maroc.

Fondatrice de la Coopérative Afoulki.

Mère, commerçante, bâtisseuse.

Partie trop tôt.

Présente pour toujours.